Mari (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle. Emprunté du latin maritus, de même sens. Homme uni à une femme par les liens du age, époux. Prendre . Un fidèle. Mari complaisant, qui, par intérêt ou pour quelque autre cause, ferme les yeux sur l'inconduite de sa femme.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Époux, celui qui est uni à une femme par le lien conjugal. "Femme en puissance de . Le est le chef de la communauté."
"Mari complaisant, commode," Mari qui, par intérêt ou par quelque autre cause, ferme les yeux sur l'inconduite de sa femme.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 


Celui qui est joint à une femme par le age.
CORN.: « Et pour suivre un l'on quitte ses parents »
CORN.: « Et qu'on n'épouse point l'amant le plus chéri Qu'on ne se fasse un maître aussitôt qu'un »
LA FONT.: « Certaine fille un peu trop fière Prétendait trouver un , Jeune, bien fait et beau, d'agréable manière, Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci »
MOL.: « Tandis que sous le nom de de madame, Je serais comme un saint que pas un ne réclame »
MOL.: « ....Qui donne à sa fille un qu'elle hait Est responsable au ciel des fautes qu'elle fait »
MOL.: « Et ce n'est pas partout un bon moyen de plaire Que la figure d'un »
MOL.: « Quoi ! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage.... - Est ma femme, et je suis son . - Son ? - Oui, son , vous dis-je, et très marri »
BOSSUET: « Le roi son lui a donné jusqu'à la mort ce bel éloge, qu'il n'y avait que le seul point de la religion où leurs coeurs fussent désunis »
BOSSUET: « Cette femme que vous voyez, qui chérit si tendrement son , ordinairement elle ne le choisit pas ; mais plutôt il lui est échu en partage par des conjonctures imprévues »
BOILEAU: « Ce marquis indocile Qui, depuis quinze jours dans le piége arrêté, Entre les bons s pour exemple cité.... »
BOILEAU: « La revêche bizarre, Qui, sans cesse d'un ton par la colère aigri, Gronde, choque, dément, contredit un »
BOILEAU: « Exige d'un les respects d'un amant »
LA BRUY.: « Il y a telle femme qui anéantit ou enterre son au point qu'il n'en est fait dans le monde aucune mention »
LA BRUY.: « Un n'a guère un rival qui ne soit de sa main, et comme un présent qu'il a autrefois fait à sa femme »
J. J. ROUSS.: « Et quand l'âge le lui eut ramené, il conserva près d'elle cette rudesse inflexible dont les s infidèles ont accoutumé d'aggraver leurs torts »
MONTESQ.: « Ce titre de d'une jolie femme, qui se cache en Asie avec tant de soin, se porte ici sans inquiétude »
    Fig.
SÉV.: « Je suis un peu fâchée que vous n'aimiez point les madrigaux ; ne sont-ils pas les s des épigrammes ? ce sont de si jolis ménages quand ils sont bons »
    Mari commode, ou patient, qui, par intérêt ou par quelque autre cause, laisse vivre sa femme peu régulièrement.
MOL.: « Est-il au monde une autre ville aussi Où l'on ait des s si patients qu'ici ? »

SYNONYME
    MARI, ÉPOUX. Époux a un féminin et n'en a pas ; il est le latin sponsus et signifie proprement le promis, le fiancé, de là l'emploi qu'il a conservé dans le langage de la pratique et que n'a pas. Hors de là, époux appartient au style élevé, tandis que est de tous les styles.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Machab. I, 5: Toz z ploroit
     Roncis. 72: Et tante dame veuve de lor s
     ib. 170: Qu'il me prendroit, et je lui à
     Romanc. 73: Sa mere entra, si s'assiet devant li [elle], Bel li pria : fille, prenez
     Rois, 168: Et volent esteindre la stencele ki remise m'est [qui m'est restée], que remembrance ne seit de mun d, ne qu'il n'ait heir
    XIIIème siècle
     Berte, LIII: Que por tele aventure [ils] me donassent t
BEAUMANOIR: « Tel tere qui fu à tel home qui fu mes s »
    XIVème siècle
     Ménagier, I, 6: Vous devez plus en penser à la condition qu'à l'avoir
    XVIème siècle
COTGRAVE: « Femme bonne qui a mauvais a bien souvent le coeur marri »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. mairi ; provenç. t, marrit ; espagn. do ; ital. to ; du lat. tus, que les étymologistes tirent de mas, s, mâle. Les Parisiens prononçaient mazi, dit Palsgrave, p. 34, au XVIe siècle. Le pays de Caux en Normandie dit encore mazi.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Époux, celui qui est uni à une femme par le lien conjugal. "Bon . Mauvais . Mari empressé, fâcheux, jaloux. Vieux, jeune . On lui a destiné, donné un tel pour . Femme en puissance de . Femme autorisée par son . Le est le maître de la communauté."
"Mari commode," Mari qui, par intérêt ou par quelque autre cause, laisse vivre sa femme peu régulièrement.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Celui qui est uni à une femme par le lien conjugal. "Bon . Méchant . Mauvais . Mari fâcheux. Mari jaloux. Vieux . Un jeune . On lui a destiné, donné un tel . Femme en puissance de . Le est le maître de la communauté. Des démêlés entre et femme".
On appelle "Mari commode," Un qui par intérêt ou par quelque autre raison, laisse vivre sa femme peu régulièrement.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Époux. Celui qui est joint avec une femme par le lien conjugal. "Bon . Méchant . Mauvais . Mari fâcheux. Mari jaloux. Vieux . Un jeune . On lui a destiné, donné un tel . Femme en puissance de . Le est le maître de la communauté. Des démêlés entre & femme."
On appelle "Mari commode," Un qui par intérêt ou par quelque autre raison, laisse vivre sa femme peu régulièrement.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

MARIABLE, adj. MARIAGE, s. m. MARIER, verbe n. [3e dout. au 2d, "é" fermé au dern.
- "ia" est de deux syllabes au 2d, d'une seule au 3e: "mari-able", "ma-ria-ge"; en vers "ri-age".] "Mari", celui qui est joint à une femme par le lien conjugal, 'Bon ou mauvais, méchant "mari". "Mari" fâcheux, jaloux.
- "Mari comode", qui laisse vivre sa femme peu régulièrement.
   MARIABLE, qui est en âge d' être é, ou ée. 'Elle n'est pas encôre "mariable".
   MARIAGE, 1°. union d'un homme et d'une femme par le lien conjugal. 'Promesse de "mariage". Faire, célébrer "un age". 'Demander, rechercher, prendre "en age".
- 2°. Solennité des noces. 'Assister à "un age".
- 3°. La dot qu'on donne à la ée. 'Elle a eu "un" bon, "un" grôs "mariage". 'Elle a eu, ou on lui a donné cent mille francs "de age". Acad. M. "Marin" pense qu'on doit dire "en age", et non pas "de age". = Selon l'"Acad." on le dit aussi du bien qu'un père done à son fils en le ant.
   MARIER, au "propre", unir un homme et une femme par le lien conjugal. 'C'est un tel Prêtre qui "les a és". Voy. ÉPOUSER. 'Son Père "la e" avantageûsement.
- Elle est "bone à er", dans l'âge d'"être ée". = "Se er", épouser. 'Il "s'est é à" Mlle. une telle. 'Il "s'est é" richement. = Au "figuré", il se dit des chôses en régime, ou comme sujet. 'Il "marie les" doux accens de sa voix "avec" les sons harmonieux de sa guitârre. Mde. "Dacier". 'Nous avons "Abbadie" et l'Histoire de l'Église: c'est "marier le" luth "à" la voix. "Sévigné".
   La vigne, si je veux, "s'y e aux" ormeaux.
       "De Lille".
  Les Bergers, unis aux Bergères,
  Formeront des danses légères,
  Et "marieront leurs" voix "au" son des chalumeaux.
       "Gresset".
On voit par ce dernier exemple, qu'au futur, il n'est que de 3 syllabes.
   Oui, nous te "marirons", malgré ta répugnance.
       "Le Persifleur".
Voy. plus bâs. III.
"Rem." I. "Mari" n'est pas un terme noble; et on ne peut guère l'employer dans le haut style, où "Époux" convient mieux. Au contraire, dans la conversation, celui-ci convient moins que l'aûtre. Les femmes du peuple disent "mon époux", en parlant de leur ; et le Dames qui ne sont pas esclâves du préjugé à la mode, disent "mon ". Il est encôre plus convenable de préférer "mari" à "époux", quand on parle en tierce persone. Il serait mal de dire":" M. est l'"époux" de Madame... Il faut dire, "le ". V. ÉPOUX.
   II. On dit, en style familier, "Marieur", "Marieûse", pour dire "faiseur", "faiseûse de ages". Rich. Ce sont de ces mots qu'on fabrique dans la liberté de la conversation.
   III. Dans le propre, on dit "marier à;" dans le figuré, on dit "à" ou "avec". 'Il "a é sa" fille "à" un Avocat. 'Elle "s'est ée à" un Négociant. '"Marier" sa voix "à" un instrument. 'Les Dieux "ont é le" travail "à" la gloire, ou "avec" la gloire.
   IV. MARIÉ s'emploie quelquefois substantivement. '"Le é", "la ée", "le" nouveau "marié", "la" nouvelle "mariée"; "les" nouveaux "mariés". Il ne se dit de la sorte que les premiers jours du age.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Celuy qui est joint avec une femme par le lien conjugal. "Bon . meschant . mauvais . fascheux. commode. jaloux. vieux . un jeune . on luy a destiné, donné un tel pour . la femme est en puissance de mari. le est le chef de la femme. les differends d'entre & femme".




Emplacement dans le dictionnaire :

marginalisation
marginé
marginelle
margotas
margotin
margoton
margouillet
marguerite
marguillé

mariable
mariage
marié
marie
marie-galante
marie-salope
marier
marière
marijuana
marin
marina




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...de roseaux. Mon coeur battait, et mon visage, la pudeur l'avait empourpré, mais j'ai traversé le bocage au culte d'Artémis sacré ; et j'ai vu le roi de Mycène avec son frère Ménélas, Ménélas, le mari d'Hélène ; j'ai vu Nestor, Protésilas, Nirée, Ulysse, Idoménée ; j'ai vu Patrocle et Mérion, les Ajax, l'un fils d'Oïlée et l'autre fils de Télamon. Enfin j'ai vu, près de la grève,...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...1ère PARTIE, XXXIV ... je rentrai un matin à bord du Rendeer, rapportant cette nouvelle à sensation que j'avais couché en compagnie de Tamatoa... Tamatoa, fils aîné de la reine Pomaré, mari de la belle reine Moé de l'île de Raîatéa, - père de la délicieuse petite malade, Pomaré V, -était un homme que l'on gardait enfermé depuis quelques années entre quatre solides murailles, et qui...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...d'épais nuages noirs. Tiahoui m'apprit en route qu'elle s'était mariée depuis quinze jours avec un jeune Tahitien nommé Téharo ; elle avait quitté le district d'Apiré pour habiter avec son mari celui de Papéuriri, situé à deux jours de marche dans le sud-ouest. Tiahoui n'était plus la petite fille rieuse et légère que j'avais connue. Elle causait gravement, on la sentait plus femme et...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...de la reine et d'Ariitéa. Nous ouvrîmes sans bruit la barrière du jardin et nous avançâmes avec précaution pour examiner les lieux. C'est qu'il fallait éviter les regards du vieil Ariifaité, le mari de la reine, qui rôde souvent le soir sous les vérandahs de ses domaines. Le palais s'élevait isolé, au fond du vaste enclos ; sa masse blanche se dessinait clairement à la faible clarté des étoiles...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...ivrognes. Yves, par prudence, avait confié à bord, à son ami Barrada, tout son argent, qu'il destinait à sa mère, gardant seulement dans sa poche cinquante francs pour sa nuit. CHAPITRE IV -et mon mari aussi, Madame Quéméneur, quand il est soûl, tout le temps il dort. -vous faites votre petit tour aussi, Madame Kervella ? -et j'attends mon mari, moi aussi donc, qui est arrivé aujourd'hui sur...


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